Affaires sociales

Coopération et développement: le Maroc et le Mexique

Maroc: Sidi Bibi

Depuis janvier 2004, la commune de Jette a entamé un dialogue avec la commune rurale de Sidi Bibi, dans le but d’établir un partenariat de coopération au développement.

En novembre 2004, 4 représentants de la commune de Jette ont mené une première mission d’identification. Durant 10 jours, Christine Gallez, échevine de la citoyenneté en charge des relations Nord-Sud, Yves Van Parys, directeur des services techniques, Didier Bensalah, médiateur communal et Caroline Fierens, criminologue du service des peines alternatives et du bureau d’assistance aux victimes, ont multiplié les contacts afin de mieux connaître la commune partenaire.

En fin de mission, fut établie la proposition d’organiser à Jette une formation à la gestion participative et planifiée des interventions.

Novembre 2005, grâce au soutien financier du programme de Coopération Internationale Communale, 4 personnes de Sidi Bibi sont accueillies à Jette :

• Monsieur Mohamed Bazzi, vice-président
• Monsieur Aziz Moussaid, représentant du monde associatif
• Monsieur Mustapha Belhmid, fonctionnaire et rapporteur du budget
• Monsieur Lahoussine Bennana, membre de l’association Tiwizi

Une atelier de formation et de réflexion, axé sur la mise en œuvre d’un plan de développement communal, et animé par Monsieur Luc Ameye, en présence des représentants de la commune de Sidi Bibi, de membres de la commune de Jette et de plusieurs associations jettoises actives dans le domaine de la cohésion sociale, avait ébauché un cadre logique pour le développement de la commune de Sidi Bibi.

Malheureusement aucun commentaire sur ce travail de détermination des grands objectifs de développement n’a été formulé par la commune de Sidi Bibi; ce qui eut pour effet l’apparition d’un certain découragement au niveau de la commune de Jette.

Deux personnes ont décidé de relever le défi et de partir à Sidi Bibi pour s’assurer que l’intérêt pour le partenariat entre les communes de Jette et de Sidi Bib subsistait réellement.

Le 11 février 2006, Najia Belfaquih, responsable des permis d’environnement et de l’hygiène dans les lieux publics, et Anne-Françoise Nicolay, collaboratrice de l’échevine de la citoyenneté Christine Gallez et coordinatrice du projet de partenariat Jette/Sidi Bibi, se sont envolées pour une mission d’une semaine.

Les objectifs de cette mission étaient les suivants:

• mieux cerner les motivations et les capacités de l’administration partenaire.
• valider le travail effectué à Jette et récolter les réactions de la commune et de la population par rapport aux 9 résultats proposés.
• choisir, en concertation avec la commune et les habitants, le résultat à atteindre, dans le cadre du partenariat ; déterminer ensuite les actions à mettre en œuvre pour l’atteindre.

Avant d’aborder les résultats des différents contacts, une brève présentation de la commune rurale de Sidi Bibi permettra au lecteur de situer les différentes problématiques évoquées dans leur contexte.

Dans un second temps, c’est l’administration de la commune de Sidi Bibi qui sera détaillée tant au niveau de sa structure que de son fonctionnement. Des précisions relatives aux compétences de la commune et aux différentes tutelles seront également apportées.

Quelques points essentiels pour le développement tels que la scolarité et la santé seront abordés.

Ce rapport comprend l’évocation non exhaustive des contacts avec les habitants représentés par les associations de développement.

Le point fort de la mission fut très certainement l’organisation de l’atelier participatif du 16 février qui a permis de déterminer avec la commune, des habitants et des acteurs de société civile les deux axes de travail qui seront privilégiés dans le cadre de ce partenariat, à savoir le renforcement des compétences de l’administration locale et la gestion des déchets.

Consulter le rapport complet de la mission Sidi Bibi

Mexique: Jojutla

Notre commune collabore avec la ville de Jojutla au Mexique dans le cadre d'un programme de coopération internationale, lancé par le secrétaire d'Etat à la Coopération et au Développement, Eddy Boutmans. Le projet introduit par la commune de Jette, à l'initiative de l'échevine de la solidarité Nord/Sud Christine Gallez, porte sur l'organisation d'un centre de compostage des déchets organiques dans la ville mexicaine. Le secrétariat d'Etat souhaite aider les communes des pays du Sud à mieux gérer leur administration et encourager l'implication des communes belges dans la problématique de la coopération et du développement. Un soutien est apporté aux communes belges qui, en étroit partenariat avec les autorités locales du Sud, désirent concrétiser un projet de coopération communale. L'association de la Ville et des Communes de la Région de Bruxelles-Capitale, qui assure la gestion de ce programme pour les communes bruxelloises, accorde une subvention aux communes, dont le projet de coopération a été sélectionné, et les conseille dans l'élaboration et la réalisation de leur projet. Parmi une dizaine de projets présentés par les communes bruxelloises, celui de la commune de Jette a tout particulièrement retenu l'attention.

Jette-Jojutla: coopérer pour l'environnement

Grâce au financement accordé par le Secrétariat d'Etat à la Coopération et au Développement, la commune de Jette mène un projet de coopération internationale. Notre service des Plantations travaille, avec ses partenaires mexicains, sur l'organisation du compostage dans la ville de Jojutla de Juàrez au Mexique. Le but de ce projet est de permettre le développement du compostage des déchets organiques de la ville et la mise en place d'une cellule administrative et technique au sein de l'administration mexicaine afin de garantir la durabilité du projet. La transmission des techniques et du savoir-faire du service des Plantations de la commune de Jette, dans le domaine de la gestion des déchets organiques, sera très utile pour la mise au point d'un module communal de compostage.

Pourquoi composter ?

Ce projet permettra de transformer une plus grande quantité de déchets organiques de la ville de Jojutla en compost utilisable pour la culture de plantes. Le compost ainsi produit sera mis à disposition des agriculteurs de la campagne environnante afin de permettre la promotion d'une agriculture saine et organique. L'apport d'éléments fertilisants organiques et non chimiques a non seulement un impact économique positif, mais également une dimension écologique essentielle dans ces régions du monde, grâce à un effet protecteur des sols contre l'érosion. Actuellement, seuls 20% de la population de Jojutla participent à la collecte de déchets verts. Pour augmenter ce nombre, il faut tout d'abord informer la population, lui faire savoir que le tri et le compostage existent. La sensibilisation du public est un élément majeur du projet. Il s'agit également de faire comprendre aux habitants mexicains leur intérêt dans ce projet. Et parallèlement à ces efforts de sensibilisation, une organisation plus rationnelle du site de compostage et une utilisation correcte du compost en agriculture et horticulture devront être mises en place.

Le compostage : un outil de développement

Confrontés à des situations très problématiques en périphérie de l'agglomération de Jojutla (situations engendrées par le déversement des égouts vers les zones non urbanisées), les associations actives dans la région ont mené un important travail de conscientisation. Elles ont largement montré l'intérêt du tri des déchets pour en séparer la fraction organique et débuter une production agricole durable (culture biologique de légumes, plantes médicinales, plantes ornementales). Une récolte organique a été instaurée dans un quartier de la ville. Quelques personnes compostent leurs déchets à domicile. Mais la ville de Jojutla doit maintenant créer un système de compostage de grande envergure. Les techniques de compostage utilisées par le service des Plantations de la commune de Jette permettront une diminution significative des frais de traitement des déchets par un tri sélectif. Les Mexicains souhaiteraient passer de 20% à 80% des habitants triant leurs déchets. De même, la mise en place d'une production de compost pour l'agriculture et la promotion de la culture biologique permettront une amélioration de la structure des sols afin de lutter contre l'érosion et gérer les eaux de percolation. Cette technique sera bénéfique pour la fertilisation de la terre et la plantation de légumes verts qui sont en voie de disparition à cause de la sécheresse des sols. En contrepartie, les actions de conscientisation de la population, telles qu'elles ont été menées par les partenaires mexicains, pourront servir de base de réflexion pour la mise en place d'une politique communale à Jette dans le cadre de la gestion des déchets. On pourrait ainsi développer le compostage en petites unités de quartier ou dans les grands immeubles de logement et sensibiliser la population à ce problème. Ce projet de compostage à Jojutla est née de la volonté d'un groupe de citoyens. C'est là l'un des aspects positifs du projet qui fonctionne dès à présent à petite échelle. Leur demande est de professionnaliser cette organisation. Ils sollicitent notre aide pour encadrer les responsables municipaux de Jojutla. Une fois sur les rails, ce projet sera totalement autonome et devrait servir d'exemple aux communes voisines.

Jojutla en bref

Située dans la province de Morelos, à 100 km au sud de la ville de Mexico, à 880 mètres d'altitude, Jojutla compte 51.800 habitants dont 91% de citadins et 9% de ruraux. Les paysans y cultivent plus de 9.000 km2 de terre. Le revenu moyen est faible : les 2/5 de la population vivent dans des conditions de pauvreté. Bien que les Mexicains soient actifs dès l'âge de 12 ans, un tiers de la population est économiquement inactive (jeunes, personnes âgées, malades,.). Le métissage est prédominant. Quelques habitants parlent des dialectes. La langue officielle est l'espagnol. La religion prédominante est le catholicisme. Le climat de cette région est chaud la plus grande partie de l'année. On enregistre des températures supérieures à 30°C, avec un minimum de 18°C. Dans cette partie du pays, la végétation est appelée "jungle basse à végétation secondaire", composée surtout de copal et d'autres arbres exotiques. Il y a plus de 45.000 ha de boisement. On y cultive le riz et la canne à sucre, tandis que les tomates, le maïs,. disparaissent progressivement à cause du problème de fertilisation du sol. 80 % de la surface de la ville est couverte de cultures, 14,5% de la jungle basse à végétation secondaire et le reste d'habitations.

 

Des acteurs en Belgique et au Mexique

Lors de l'élaboration de ce projet, la commune de Jette a été mise en contact avec "Mensenbroeders" et "Equipo Pueblo", deux ONG qui ouvrent au développement agricole de l'état de Morelos au Mexique. "Mensenbroeders" est une organisation belge qui souhaite mettre en contact des associations du Nord et du Sud. Elle est très active dans le domaine du développement durable. Selon "Mensenbroeders", l'échange de connaissances et d'idées, l'apprentissage des habitudes et coutumes de l'autre promeuvent une solidarité mondiale et stimulent les personnes et les organisations à rechercher des alternatives durables. Cette association travaille au Mexique avec une autre organisation : "Equipo Pueblo". Elle initie des collaborations à double sens entre l'organisation mexicaine et des associations belges qui abordent des thèmes tels que le compostage, le recyclage et la prévention des déchets, l'agriculture biologique et les campagnes vivables. "Equipo Pueblo Morelos" est active dans l'état de Morelos. Elle milite avec les organisations locales pour le développement durable de la région, par la formation et la promotion de projets écologiques concrets. Elle combine aussi parfaitement les thèmes de l'environnement et de l'agriculture. Elle travaille à la formation et l'instruction des populations locales. Son action débute par la conscientisation de la population et consiste par ailleurs à trier les déchets pour en séparer la fraction organique et lancer une production agricole durable. Elle inclut aussi bien les citadins que les paysans au processus de formation. Par la mise en place d'un dialogue avec les autorités locales, celles-ci sont aussi impliquées dans l'action.


Retour en haut de page

© 2012 Commune de Jette